
Le temps passe ! Déjà bientôt Noël et pas un article depuis mon escapade à Chicago. Les examens sont là et d’autres événements d’intérêt se sont produits et ont consumé une grande partie de mon temps ! Mais retournons donc un peu en arrière, à la période du Thanksgiving américain, que les gens passent en famille. Et nous aussi. À notre manière, dirais-je. Mais pas aux États-Unis. Au Canada !
S’il fallait faire un discours poussé sur notre choix de destination, celui-ci manquerait bien de matière. Pour causes de notre départ du pays d’Obama, je ne peux en effet que citer l’age légal de la boisson et l’envie de changer d’air, ce qui bien que respectable ne constitue pas un dossier conséquent.

Poutine !
Toronto ce fut donc. Cinq jours dans les rues de la capitale économique du pays, non loin du Niagara et de l’État de New York, dont l’influence est ressentie par les tonnes de Chicken Wings que l’on peut déguster comme si l’on était assis dans un pub de Buffalo en regardant un match des Bisons. Pas de grande différence culinaire, si ce n’est la poutine à la place des frites – appelée ainsi parce que les français n’arrivaient pas à prononcer Pudding -, le tout avalé à lampées de bières variées. L’inventaire des Liquor Control Board of Ontario (LCBO) est si grand qu’ils font passer la majorité des Beer stores et Liquor Shops de Pennsylvanie pour des dépôts communistes. Il est même possible de dénicher de la Fraoch, que je n’ai pu jusqu’alors trouver que dans les montagnes écossaises. Pas étonnant que l’équipée de Suisses ait décidé de quitter les US! Mais trêve d’alcool et de vie nocturne peuplée de minijupes et de décolletés que seules les pitounes de ce nord-ci peuvent supporter par ces températures glaciales !
Toronto n’est pas à proprement parlé le Canada. Ou, du moins, Toronto est autant canadien que Bangkok est thaïlandaise ou Genève suisse. Capitale économique du pays, concentration de quelques six millions d’habitants, ce qui représente vingt pour cent du pays, elle n’est pas capitale – d’après notre guide Graffiti - pour éviter les distractions qu’elle pourrait apporter. Si Ottawa est l’œil du Canada et Toronto son poumon, ce n’est que parce que les gens sur les rives du Gatineau n’ont rien d’autre à foutre que de s’occuper de politique ! Il n’empêche que l’Ontario demeure l’état d’Amérique du Nord possédant la plus forte croissance démographique, l’attrait de Toronto semblant encore intéresser des immigrants !
En croissance démographique ? Pour sûr. Leur moto est « Diversity Our Strength » et Les constructions du littoral parlent d’elles-mêmes : nous avons croisé bien des chantiers d’immeubles d’habitations situés sur les anciens docks en nous baladant en direction du Distillery District. Et ceci sans parler de la douzaine de grues visibles en marchant sur la place de la CN Tower. Nous n’avons malheureusement pas eu le loisir de nous rendre sur les îles des parcs, mais l’aménagement du littoral fait bien pâle figure comparé à celui de Chicago, dont j’ai vanté les mérites lors de mes précédents articles. Il ne faut cependant pas trop cracher sur cette ville de culture : ses vieilles rues possèdent tous les attributs que nous désirions y trouver, entre bars, restaurants, Hooters, et quelques boîtes devant lesquelles l’on fait la queue qu’importe la glaciation qui s’annonce. Toronto possède le début de la plus grande rue du monde, la Yonge Street, dont la construction est considérée comme un événement historique. L’activé n’y est pas des moindre et s’étend juqu’à York Street.
York… Si les premiers européens à s’être installés ici en 1615 étaient des Français, les Britanniques y ont construit un premier fort nommé York, dessiné pour devenir capitale du pays. Il fut rasé par les américains en 1812 en représailles de l’incendie du Capitole lors de la guerre qui opposaient la puissance coloniale et ses anciennes colonies. Il est aujourd’hui possible d’en visiter la reconstitution. Mais ce n’est de loin pas la principale attraction de la ville, place occupée par la CN Tower, d’où l’on peut aisément se défenestrer pour rire. Parce que nous y étions lors d’un festival de football, la file d’attente des ascenseurs demandaient de la patience.
À défaut de football, certains d’entre nous ont pus aller voir l’équipe des Raptors – pas des manches du basket – en vrai alors que d’autres continuaient leur investigation plus à l’Ouest, jusqu’au Distillery District, transformé en petites échoppes d’art, avant de se rendre à une visite de la Steam Whistle Brewery (ce qu’aucun d’entre nous n’arrivera jamais à prononcer correctement) et le droit à une dégustation gratuite ! Fait remarquable, cette brasserie est la première Pilsner du pays et exporte son breuvage partout, sauf au Québec. Qui n’en veut pas, l’étiquetage n’étant pas totalement bilingue… !
Après un petit passage à jouer les mendiants – autorisés ici, chose impensable aux USA -, il était temps de se rendre aux Chutes du Niagara et à une dégustation de vin glacé, dont la région couvre septante-cinq pour cent du marché mondial et est la seule à produire du vin liquoreux à base de raisons rouges, pressés et mis en cave à la température constante de moins dix-hui degrés Celsius. Cher le millilitre, mais difficile de résister, on apprend vite à l’aimer. Et il faut dire – n’est-ce pas – l’amour, c’est comme l’eau des chutes, plus il y en a, mieux c’est (hum, oubliez ce passage en fait).
Et c’est le soir même que le drame est arrivé, à l’entrée de cet établissement hybride mi-bar mi-boite, réparti sur trois étages disparates, du resto en bas au karaoké peuplé de chinois en haut, en passant par le dancefloor au milieu rempli uniquement d’indiens.
Du coup : coups de fil sur coups de fil, déclaration de perte… Sans passeport, difficile de rentrer aux USA. Le suisse ayant perdu ses papiers a fini par les retrouver, ironie du sort, en se rendant au consulat pour s’en faire faire des temporaires : une vendeuse d’une petite chocolaterie de Niagara on the Lake avait mis la main dessus. Il a donc pu rentrer le jour suivant, seul; et nous sept à la place de huit, en suivant l’horaire.
Pour clore le tout, n’oublions pas notre cher Graffiti tour! Manière bien sympathique de visiter les petites ruelles de la ville, et de voir la caricature du maire, visible un peu partout.
Mathieu Demarne pour le Crétin Transnational, sous la piscine de CMU.